Portrait : Champagne Aspasie


12 mai 2017

Paul-Vincent Ariston et son épouse Caroline

À Brouillet, le domaine impose sa stature de demeure ancestrale. Sur le mur qui en fait le tour, un panneau discret nous signale la maison Aspasie. Un parking permet de stationner à droite du corps de bâtiment. Le soleil de fin de matinée éblouit. Le calcaire du sol et des murs absorbe la lumière et renvoie une ocre solaire. Le gravier crisse.

Nous sommes accueillis par Paul-Vincent Ariston. Les présentations sont chaleureuses et amicales. Sa faculté  à établir le contact instantanément donne l’impression d’arriver dans un lieu familier. Les entrées de la maison d’habitation, du bureau et de deux pièces  dédiées à l’accueil du public se rejoignent en quelques pas. Paul-Vincent nous reçoit dans une vaste salle. Une odeur de feu de bois imprègne les murs épais. La cheminée monumentale fait face à des fossiles répertoriés dans une grande table vitrée. Traces préhistoriques, une riche collection de coquillages, dents et minéraux atteste de l’histoire géologique du  terroir  champenois. Passionné,  Paul -Vincent  s’exprime  avec  enthousiasme  et  vélocité.  Il  se  définit également comme un intuitif. Tout l’intéresse. Il aurait pu être informaticien confie-t-il, se réaliser dans les métiers de l’électronique. Assembler, réaliser, voilà ce qui l’anime. A la question de son ancienneté dans le métier il répond sans hésitation << depuis tout petit, à 4 ans j’étais déjà dans le vin >>. Son père était tout seul et lui ne tenait pas en place. Alors il était à la pompe, actionnant la marche et l’arrêt.  Sa mère s’occupait de la paperasse et de l’accueil des clients. Sa grand-mère prenait soin de lui. L’entité féminine est omniprésente dans l’arbre généalogique. La figure ancestrale dont l’image a servi au logo de la maison, est une Aspasie plus vraie que nature. Son existence remonte à cinq générations. L’épouse de Paul-Vincent, Caroline inséparable collaboratrice, binôme à la ville comme à la vigne, nous rejoint. Grâce à elle, Aspasie est distribué en Californie vers les états qui autorisent l’alcool.

Dans la salle à manger, le déjeuner à l’immense table a lieu en famille. L’aspect incontournable de la météo occupe les conversations. Le souvenir des années difficiles ne s’efface jamais. Cette mémoire  ressurgit dans un dicton incontournable. La Saint Urbain intime à la prudence jusqu’au 25 mai. Ainsi que le rappelle Caroline, être vigneron consiste avant tout à faire pousser des fruits. << Travailler son fruit >> comme dit Paul-Vincent. Il précise << donner une continuité dans ce qui ne se ressemble pas >>. Concentrée comme une liqueur qui signe le produit lors de la fabrication, cette remarque fait mouche. Travailler son fruit est le contraire d’un mode d’emploi. L’idée d’un travail maîtrisé toujours recommence s’ajoute à celle du geste transmis : la répétition dans sa notion la plus noble. Dans leur plaquette, sous l’adresse et dans une éloquente simplicité, la maison Aspasie se présente ainsi : Artisan Vigneron depuis 1794.

Les champagnes ASPASIE

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