Portrait : Elisabeth Egrot


28 avril 2017

La voix d’Élisabeth Égrot au téléphone établit instantanément le contact. Elle nous propose une invitation à déjeuner. Nous la rencontrons sans plus tarder. Elle a le temps juste avant une visite guidée. Tout à l’heure elle reçoit un groupe de touristes américains venus de Paris. Élisabeth nous accueille dans son bureau et aussitôt elle nous emmène dans la salle des pressoirs et dans les caves voûtées. Elle a réservé une table dans une brasserie. A l’extérieur, elle s’enquiert de l’avancée du chantier de rénovation. Des artisans travaillent à l’embellissement de la façade. Disponible et réceptive, Élisabeth va à l’essentiel, veillant à tout. Si elle laisse une phrase en suspens pour répondre au téléphone, elle reprend la conversation et poursuit dès qu’elle raccroche.

 

Elle saisit chaque moment pour évoquer sa vie de femme vigneron, héritage de ses parents. Sa personnalité s’exprime aussi par une indépendance clairement revendiquée. Aujourd’hui, elle et son époux ont fondé leur propre maison dans une bâtisse aux allures d’hôtel particulier. Nous sommes à Ay, petite ville touristique. Un grand nombre de maisons de champagne sont implantées dans ce Parc Naturel Régional de la Montagne de Reims. La concurrence ? A l’unisson, le couple répond oui et non, s’expliquant immédiatement : Leur arme s’appelle l’enthousiasme et la confiance en l’avenir. Le nom d’Égrot et Filles anticipe la transmission à leurs deux enfants. Jean-Marie Égrot s’occupe de la culture et de l’entretien de la vigne. Élisabeth assure la gestion et les relations publiques. La commerciale c’est Toi dit son époux, accompagnant sa déclaration d’un regard complice. De ce métier, Élisabeth connaît toutes les étapes et en a pratiqué la plupart. Sa formulation : aller aux vignes jusqu’à la dégustation avec les clients, résume son sens de l’essentiel et la liste presque infinie des tâches. Il faut manipuler les bouteilles, veiller au bon fonctionnement des pompes, nettoyer les cuves. Les vignerons de la génération Égrot et filles ont les pieds sur terre et l’esprit tourné vers le cyber espace. Il faut aussi être présente à l’accueil, gérer les tâches du secrétariat et assister aux réunions syndicales.

 

Dans la maison, l’organisation de l’espace témoigne de cette polyvalence. Dès l’entrée le regard embrasse un vaste espace baigné de lumière. Un Bâton de St Vincent plante son pied rouge et doré face à la porte. D’un côté, le bureau clair avec une fenêtre donnant sur la rue, à gauche la salle dédiée à la réception. Des livres grand format d’éditeurs spécialisés dans le tourisme et le terroir champenois sont mis à disposition sur le bar. Des ouvrages à feuilleter d’une seule main, l’autre est réservée à une coupe de champagne très frais. Chez Égrot, on l’aime à 5 ou 6 degrés. Il y a toujours une bouteille pour les copains qui passent à l’improviste, même à 17h. Ici c’est le champagne qui décide de la température du réfrigérateur et c’est Élisabeth Égrot qui organise « l’effervescence des rencontres » comme sur son prospectus.

Les champagnes Egrot et filles

Partager sur